
[La parole aux anciens]
"Il y a énormément de choses à faire"
Malika Elkord, journaliste vidéo au nouvelobs.com, a suivi une formation sur les récits multimédia à l’Emi
Comment s’est structurée l’offre et notamment l’offre vidéo sur le site nouvelobs.com ?
Le site du nouvelob.com, qui existe depuis 1999, a été un site pionnier dont l’originalité repose sur la base d’un quotidien, avec des infos en temps réél, alors que le Nouvel Observateur est un heddomadaire. Après un développement rapide lié à l’énergie d’une petite équipe, la vidéo est née en parallèle il y a deux ans et demi. Le studio devait permettre de créer une télé sur le Web pour faire des petites émissions présentées par des journalistes de l’Obs. Les journalistes avaient aussi la possibilité de partir enquêter pour le papier avec une caméra mais il a fallu trouver une cohérence avec le site, trouver des liens entre les sujets, apprendre à avoir un autre regard. Pas évident... Aujourd’hui, le studio s’est arrêté mais on a été les premiers à s’engager, on voulait vraiment un site vidéo.
Les "réalisations maison" sont très faibles en France, comment développer une offre répondant à ses objectifs avec ses moyens ?
La part de la production interne n’est pas très importante puisque, pour l’instant, je vais être seule à tourner. L’idée c’est d’en faire plus, de tourner et monter pour le nouvelobs.com, d’impliquer des journalistes, ceux qui ont envie de s’y mettre. Le partenariat avec l’AFP pour les vidéos d’actualité nous permet de faire des sujets plus décalés et plus personnels. Mais tout cela a un coût et on a très peu de moyens. A l’heure actuelle, difficile de connaître le modèle économique d’Internet et de voir comment on peut trouver de l’argent : on essaie alors de faire des choses dans la limite de nos ressources.
L’attrait pour la vidéo ne cesse de croître, les témoignages amateurs se multiplient, facilités par des moyens techniques de plus en plus accessibles. Dans ce paysage, quelle va être la place du journaliste vidéo ?
Internet, c’est visuel, l’image est importante. Face à cette profusion, il est justement essentiel d’avoir une information vérifiée. Il y a de la place pour une information travaillée, sourcée, recueillie sur le terrain et, à côté, une information du citoyen. La coexistence des deux représente une richesse mais un regard journalistique, c’est une profession et on ne devient pas journaliste comme ça.
Construire un sujet en multimédia impose de réfléchir à sa mise en oeuvre, de le scénariser. Est-ce que vous pouvez évoluer dans cette direction ?
J’espère. C’est complètement nouveau. Je crois vraiment à une mise en scène possible de tous ces outils narratifs. Ce qui est fascinant, c’est d’arriver toujours en ayant le souci du témoignage et de pouvoir le faire avec des outils différents. Je suis persuadée qu’il y a énormément de choses à faire et qu’il faut essayer.
Sophie Lemoine
l'école des métiers de l'information.cfd- 7/9
rue des Petites Ecuries 75010 Paris
Téléphone : 01 53 24
68 68.
Mail : emi@emi-cfd.com
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