
De bonnes sources
Les réseaux sociaux occupent une place centrale dans le journalisme. En changeant leur manière de travailler, ils modifient le rapport des journalistes avec leurs sources et leurs publics.
En 2011, les « révolutions arabes », la catastrophe de Fukushima, puis l’affaire DSK ont montré l’importance de Twitter, mais aussi de Facebook comme sources d’information. Dans le même temps, les sites de médias proposent maintenant tous des « boutons » de partage et de recommandation, qui permettent de diffuser largement leurs contenus. Ils alimentent des pages « fans » qui comptent des dizaines – voire pour certains comme Le Monde et L’Équipe des centaines – de milliers de « likers », comme l’on dit dans le jargon propre à cet univers.
Il n’aura fallu qu’une poignée d’années pour que ces réseaux deviennent un acteur majeur dans l’univers médiatique. Facebook, à l’origine simple trombinoscope des étudiants de l’université de Harvard, est né en 2004, tandis que les premiers tweets ne furent émis qu’en juin 2006, par deux jeunes entrepreneurs, qui souhaitaient envoyer des SMS gratuitement et pour cela passer par internet et non par le réseau des opérateurs téléphoniques.
L’impact sur les médias, en termes de production et de diffusion de contenus, sera considérable, tout comme ce le sera pour le travail des journalistes.
Ces évolutions, qui ouvrent un champ vertigineux de possibles, ne sauraient se résumer à leurs aspects techniques. Le web, mais aussi les mobiles, a profondément modifié le rapport à l’information, celle-ci étant désormais produite en continu et immédiatement accessible en tous lieux.
Mais les réseaux sociaux provoquent une autre mutation dans les usages qui touche directement les journalistes dans leur travail et leurs rapports avec les internautes. Ils instaurent un rapport de proximité et exigent de la part des journalistes une forme d’engagement personnel. Cette mutation implique une transformation de ce qui fait l’essentiel du travail d’un journaliste, à savoir le rapport avec ses sources et ses contacts, la collecte et le traitement de l’information.
Ce « journalisme social » est l’un des chantiers majeurs des années à venir.
Marc Mentré, Responsable de la filière journalisme
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