La révolution des contenus
Le multimédia est une révolution. Couplée à la crise économique et aux difficultés de diffusion déjà anciennes des journaux dans les principaux pays occidentaux, cette révolution pourrait tourner à ce qu’un observateur attentif de la planète média, Eric Scherer, directeur stratégie et relations extérieures de l’AFP, qualifie de « médiapocalypse ».
La longue liste des journaux fermés (plusieurs quotidiens ces derniers mois aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Espagne), le recul persistant des investissements publi-citaires dans la presse, l’importance des plans sociaux, la précarisation accentuée des statuts professionnels, laissent craindre un avenir sombre aux médias.
Il n’en est pourtant rien.
D’abord parce que les journaux « papier », tout comme d’ailleurs les sites Web, explorent de nouveaux modèles économiques. Et surtout, outre la véritable explosion des réseaux sociaux, jamais les contenus imaginés, édités et publiés par la presse en ligne n’ont été aussi passionnants que depuis début 2009. Le travail à la fois créatif et collectif autour du texte, du son, de l’image fixe et animée ; le partage de la création sur le Web avec des graphistes, des éditeurs spécialisés, des développeurs, font que la révolution des contenus permet d’inventer de nouveaux langages et de renouveler le journalisme dans ce qu’il a de meilleur, l’exigence de qualité. Cela n’enlève rien, bien au contraire, à la pertinence des points de vue individuels. Plus que jamais l’enquête, le reportage, l’angle, la qualité de l’écriture, le soin apporté à la mise en forme feront la différence entre les flux d’information, accessibles désormais partout et de partout, (notamment avec la forte croissance de l’Internet mobile) et les sites de référence, où les internautes iront chercher des regards pertinents et de l’intelligence collective.
Qu’il s’agisse d’écrire, de photographier, d’enregistrer, de filmer, de relire, de titrer, de mettre en forme, de maquetter, de corriger : l’exigence doit plus que jamais être au cœur de nos métiers de l’information. Elle est déjà au centre de nos formations.
Un exemple ? Comme chaque année, les stagiaires de nos groupes secrétaires de rédaction, photographes, graphistes et éditeurs ont réalisé au printemps 2009 un « projet-école » en commun. Autour du Salon du livre de Paris, dont l’invité était le Mexique, nos stagiaires ont dans un premier temps alimenté en direct quatre blogs thématiques et édité plusieurs journaux muraux quotidiens. Puis ils ont travaillé sur un site thématique et un magazine papier. Cette opération en deux tempos, le « chaud » et le « froid », a mobilisé plus de 80 stagiaires et une quinzaine de formateurs. Je les en remercie chaleureusement, car, et vous le comprendrez en allant voir le site medialivre.info, cet exercice collectif a rendu les enjeux du multimédia simples aux yeux de tous : d’abord travailler l’information pour la rendre intelligible aux lecteurs, sur le Web comme sur le papier, dans un monde toujours plus complexe.
Avec exigence, passion mais aussi plaisir.
Jean Stern
l'école des métiers de l'information.cfd- 7/9
rue des Petites Ecuries 75010 Paris
Téléphone : 01 53 24
68 68.
Mail : emi@emi-cfd.com
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